Pendant longtemps, je pensais que m’entraîner par ego, c’était un truc de caricature. Le mec qui hurle sous la barre, qui cherche à impressionner toute la salle, qui ne supporte pas qu’on le regarde. Et honnêtement, je me disais que ça ne me concernait pas.
Puis avec le recul, je me suis rendu compte que l’ego était partout dans mes séances. Pas de manière visible, pas de manière ridicule, mais dans des décisions très simples, très banales, que tu prends sûrement toi aussi sans même y penser.
Et le problème, ce n’est pas l’ego en lui-même. C’est quand il commence à guider tes choix à la place de ton objectif réel.
Je vais t’expliquer pourquoi cette mauvaise façon de penser est fausse et contre-productive.
L’ego apparaît surtout quand tu veux prouver quelque chose
Je vais être honnête : l’ego n’est pas apparu chez moi quand j’étais confiant. Il est apparu quand je doutais. Quand je regardais mon physique et que je le trouvais encore trop fin. Quand j’avais l’impression de faire beaucoup d’efforts pour peu de résultats visibles.
Et là, sans m’en rendre compte, chaque séance est devenue une sorte d’examen. Je voulais me rassurer. Me prouver que j’étais sur la bonne voie. Que je progressais quand même.
Si tu te reconnais là-dedans, c’est normal. Quand tu n’as pas encore le physique que tu veux, tu cherches des preuves immédiates. Et l’ego adore te les fournir.
À quoi ressemble un entraînement guidé par l’ego ?
Prenons une situation très concrète. Tu arrives à la salle. Tu commences ton échauffement et tu sens que ce n’est pas un grand jour. Les sensations sont moyennes, l’énergie n’est pas folle. Tu le sais. Ton corps te le montre.
Mais quand tu arrives sur ta première série de travail, tu charges exactement comme la semaine précédente. Pourquoi ? Pas parce que c’est intelligent, mais parce que baisser la charge te donnerait l’impression de reculer. Je faisais exactement pareil.
La série passe, mais mal. Tu triches un peu. Tu perds la tension. Tu compenses avec d’autres muscles. Sur le moment, tu te dis que ce n’est pas grave, que l’important c’est d’avoir “fait le poids”. En réalité, tu viens surtout d’envoyer un signal brouillé à ton corps.
Autre scène très classique : tu es entre deux séries et tu regardes autour de toi. Tu vois quelqu’un faire le même exercice avec plus lourd. Même si ce n’était pas prévu, même si ton programme était clair, ton cerveau compare. Tu ajoutes un disque. Juste un. Pour voir.
Je l’ai fait des dizaines de fois. La série devient plus chaotique, plus coûteuse nerveusement, moins propre. Tu finis fatigué, parfois fier d’avoir tenu. Mais sur le plan musculaire, le travail est moins efficace.
Il y a aussi le choix des exercices. Tu sais qu’un mouvement simple te convient bien. Tu le sens, tu progresses dessus. Mais tu finis par l’abandonner parce qu’il te semble trop basique, pas assez “avancé”. Tu veux quelque chose de plus impressionnant, plus lourd, plus valorisant visuellement. Peu importe si tu le maîtrises moins bien.
Et puis il y a la fin de séance. Ça, c’est probablement le signe le plus parlant. Le travail prévu est fait. Objectivement, le stimulus est là. Mais tu ne te sens pas assez vidé. Alors tu rajoutes des séries. Pas parce que c’est utile, mais parce que sortir de la salle sans être rincé te donne l’impression de ne pas avoir assez travaillé.
Pourquoi ce comportement coûte encore plus cher quand tu as peu de marge ?
Quand tu pars avec peu de réserves, chaque excès se paye plus cher. Je l’ai appris à mes dépens. Une charge mal adaptée fatigue davantage le système nerveux. Une exécution dégradée tire plus sur les articulations. Un volume inutile grignote la récupération.
Et paradoxalement, c’est souvent quand tu as un gabarit fin que l’ego est le plus présent. Parce que tu veux compenser visuellement. Parce que tu refuses d’accepter que ton rythme soit différent. Parce que tu veux accélérer quelque chose qui, de toute façon, prend du temps.
À force, tu n’avances plus de manière linéaire. Tu as des phases où tout semble aller bien, puis des phases de fatigue, de stagnation, parfois même de douleurs. Et tu ne comprends pas pourquoi, puisque tu as l’impression de t’entraîner sérieusement.
L’illusion de progression que l’ego te donne
L’ego est dangereux parce qu’il donne parfois l’impression que tu progresses. Les charges montent. Les séances sont dures. Tu sors rincé, avec le sentiment d’avoir tout donné. Mentalement, c’est gratifiant.
Mais si tu prends un peu de recul, pose-toi cette question : est-ce que tu récupères mieux ? Est-ce que tu arrives plus frais à l’entraînement ? Est-ce que ton exécution s’améliore vraiment ? Est-ce que ton physique change de manière visible et durable ?
Moi, quand j’ai commencé à regarder ces indicateurs-là, j’ai compris que quelque chose clochait. Les charges montaient, mais le corps suivait mal. La fatigue s’accumulait. Et surtout, les progrès étaient instables.
Le muscle ne se construit pas avec des démonstrations isolées. Il se construit avec des signaux clairs, répétés, que le corps peut encaisser sur la durée.
Ce que j’ai changé, et ce que tu dois faire aussi
Le vrai tournant n’a pas été un nouveau programme ou un exercice miracle. Ça a été un changement de posture.
J’ai accepté de baisser des charges quand c’était nécessaire, même si ça froissait un peu l’ego. J’ai accepté de ralentir mes répétitions pour garder la tension. J’ai accepté de sortir de la salle en me disant que j’aurais pu en faire plus, mais que ce n’était pas utile.
Si je te dis ça aujourd’hui, ce n’est pas pour te dire de t’entraîner “mou”. C’est pour te dire que l’entraînement productif demande parfois plus de maturité que l’entraînement spectaculaire.
| Situation | Réflexe guidé par l’ego | Choix plus intelligent |
|---|---|---|
| Charge du jour | Refuser de baisser malgré de mauvaises sensations | Ajuster selon l’état réel |
| Comparaison | S’aligner sur les autres | Suivre son propre cadre |
| Exécution | Tricher pour passer le poids | Prioriser la tension musculaire |
| Fin de séance | Rajouter pour être vidé | S’arrêter au stimulus utile |
Dans mon accompagnement dédié, pas de place à l’ego, mais plutôt à une progression maîtrisée et durable, qui ne va pas retomber comme un soufflé.
Comment savoir si l’ego influence encore mes séances ?
Est-ce que mettre lourd est forcément une erreur ?
Pourquoi on met autant de temps à s’en rendre compte ?
Comment garder l’envie sans retomber dans l’ego ?

Ancien maigre et ectomorphe, je pesais 48 kg en étant mal dans ma peau et complexé par mon corps.
Sur Bébé Musclé : je te partage mon expérience en musculation, mes réussites et mes échecs pour que tu puisses transformer ton physique.


Laisser un commentaire