Pendant longtemps, je pensais être quelqu’un de lucide sur ma pratique. Je m’entraînais sérieusement, je me renseignais, je faisais attention. Et surtout, j’avais une certitude : si ça ne marchait pas comme je voulais, ce n’était pas à cause de moi. C’était le programme. Le contexte. La génétique. Le manque de temps.
Avec le recul, je me rends compte que ce qui m’a le plus freiné comme croyance, ce n’est pas un manque d’informations ou d’efforts. C’est le fait de ne pas m’être remis en question assez tôt, et assez honnêtement.
Et si tu es bloqué depuis un moment, il y a de fortes chances que ce soit aussi une partie du problème pour toi.
Ne pas se remettre en question, c’est se figer
On confond souvent confiance en soi et refus de remise en question. Pourtant, ce sont deux choses très différentes. Être confiant, c’est avancer avec des convictions tout en restant capable de les ajuster. Ne pas se remettre en question, c’est s’accrocher à ses habitudes même quand elles ne donnent plus de résultats.
Je l’ai vécu. J’étais persuadé de bien faire. Je suivais des règles que je pensais justes, parfois apprises des années plus tôt. Et comme je faisais des efforts, j’estimais que je méritais des résultats. Quand ils ne venaient pas, je cherchais des causes extérieures.
Si tu te reconnais là-dedans, c’est normal. Se remettre en question demande d’accepter une idée inconfortable : peut-être que ce que tu fais avec sérieux n’est plus adapté à ton stade actuel.
Les conséquences à la salle d’un manque de recul
Dans la pratique, ça ne ressemble pas à de l’arrogance. C’est beaucoup plus subtil.
Tu fais toujours les mêmes entraînements parce qu’ils ont déjà marché à une époque.
Tu manges d’une certaine façon, parce que tu es convaincu que c’est suffisant.
Tu t’entraînes avec la même intensité, le même volume, le même rythme, même si ton corps envoie des signaux contraires.
Et quand quelqu’un te suggère un ajustement, tu as un réflexe défensif. Tu expliques pourquoi ce ne serait pas utile dans ton cas. Pourquoi toi, c’est différent. Pourquoi tu sais déjà tout ça.
Je faisais exactement pareil. Pas par ego pur, mais par attachement à ce que je connaissais. Remettre en question mes habitudes, c’était remettre en question le temps et l’énergie déjà investis.
Les conséquences physiques de cette rigidité
Le corps, lui, ne s’attache pas aux principes. Il répond aux signaux qu’on lui envoie. Si ces signaux restent identiques trop longtemps, il s’y adapte… puis il arrête de progresser.
Quand tu ne te remets pas en question, tu continues souvent à faire trop de ce qui ne marche plus, et pas assez de ce qui pourrait relancer l’adaptation. Tu accumules de la fatigue sans créer de nouveauté utile. Tu forces là où il faudrait ajuster.
Résultat : stagnation, récupération de plus en plus compliquée, parfois même des douleurs qui apparaissent sans raison claire. Et comme tu ne changes rien, ces signaux deviennent la norme.
Les effets mentaux d’un manque de remise en question
C’est peut-être là que les dégâts sont les plus profonds.
Quand tu refuses de te remettre en question, tu finis par tourner en rond mentalement. Tu fais toujours la même chose, mais avec de moins en moins d’enthousiasme. Chaque séance devient une répétition mécanique. Tu n’apprends plus vraiment.
Et surtout, tu développes une forme de fatalisme. Tu te dis que tu as tout essayé. Que ton corps ne réagit pas. Que tu fais partie de ceux pour qui c’est plus compliqué. En réalité, tu n’as pas tout essayé. Tu as surtout beaucoup répété sans ajuster.
Je me souviens très bien du moment où j’ai compris ça. Ce n’était pas agréable. Mais c’était libérateur. Parce que ça redonnait du contrôle.
Quand tu pars avec un corps qui encaisse bien, certaines erreurs passent longtemps. Le corps compense. Il s’adapte malgré tout.
Quand tu pars avec un gabarit fin, la marge est plus faible. Les erreurs se paient plus vite. Et paradoxalement, c’est souvent dans ce cas-là que l’on s’accroche le plus à ses habitudes, par peur de perdre le peu de repères qu’on a.
Tu te dis que changer serait risqué. Que tu pourrais faire pire. Alors tu préfères rester dans quelque chose de connu, même si ça ne t’emmène plus nulle part.
Ce que j’ai compris en apprenant à me remettre en question
Le vrai déclic, pour moi, a été d’arrêter de me demander si j’avais raison, et de commencer à me demander si ce que je faisais fonctionnait réellement.
Pas sur une séance. Pas sur une semaine. Mais sur plusieurs mois.
J’ai commencé à observer honnêtement :
- mon niveau d’énergie
- ma récupération
- ma progression réelle
- mon rapport mental à l’entraînement
Et quand quelque chose n’allait pas, j’ai arrêté de le justifier. J’ai ajusté. Parfois légèrement. Parfois plus franchement.
Si je devais te donner un conseil clair, ce serait celui-là : la remise en question n’est pas un aveu d’échec. C’est un outil de progression. Tant que tu veux tout contrôler toi-même, tu te prives volontairement d’une partie de ton potentiel.
| Comportement | Effet immédiat | Conséquence à long terme |
|---|---|---|
| Répéter les mêmes habitudes | Confort | Stagnation |
| Refuser les ajustements | Illusion de contrôle | Blocage |
| Justifier plutôt qu’analyser | Protection de l’ego | Perte de lucidité |
| Ignorer les signaux du corps | Continuité artificielle | Fatigue chronique |
C’est ce travail que je je préconise dans mon programme complet : t’aider à prendre du recul sur ta pratique, à identifier ce qui mérite d’être conservé, et ce qui doit évoluer pour que ton corps puisse enfin avancer.
Comment savoir si je manque de remise en question ?
Est-ce que se remettre en question ne risque pas de me faire douter encore plus ?
À quelle fréquence faut-il se remettre en question ?
Comment se remettre en question sans tout bouleverser ?
Sources de l’article
Interindividual variability in muscle hypertrophy, Stuart M. Phillips, Sports Medicine, 2014.
Self-regulation and exercise behavior, Baumeister et al., Journal of Sport & Exercise Psychology, 2007.
Adherence to resistance training programs, Teixeira et al., Journal of Sports Sciences, 2012.

Ancien maigre et ectomorphe, je pesais 48 kg en étant mal dans ma peau et complexé par mon corps.
Sur Bébé Musclé : je te partage mon expérience en musculation, mes réussites et mes échecs pour que tu puisses transformer ton physique.


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